
Hugo a installé son atelier au pied de l’église du Haut Moyen-âge, sur la place et devant sa maison et ce, du printemps à l’automne.
Jusqu’à ce que le vent vif devienne insupportable à ses personnages sculptés dans l’orme, qu’il fait vaciller au mois de novembre.
Enfant de Locronan, il a repris le flambeau de Job avant lui, imagier et sculpteur. Hugo comme Job ont entrepris, chacun leur tour, un voyage initiatique à Paris.
Job a amené de Montmartre l’art de l’imagier : d’un coup d’œil sûr, avec pour tout matériel des ciseaux et du papier cartonné, l’artiste contemple, et découpe dans le papier le profil d’un enfant ou d’un adulte (mais souvent les modèles sont les enfants). Rondeur enfantine, cils, chignon : en une ou deux minutes le profil de l’enfant se découpe en noir sur blanc sur une carte et le résultat est merveilleux d'authenticité.
Hugo est avant tout sculpteur sur bois. Il sculpte les saints et les personnages des églises, qu’il a fréquentés très tôt car il suivait son père photographe dans les cérémonies de mariage. Il a donc eu tout loisir d’observer des archevêques bonhommes, des saints aux expressions les plus variées, des vierges à l’enfant d’esthétique naïve, ou encore évoquant les formes d’un Botticelli. Il donne forme et vie à des personnages, à des ensembles de personnages mis en scène, à de douloureux visages de Christ qu’il fait surgir de l’orme, ce bois tendre. Le coup d’œil sûr de l’artiste capte la vie et les intentions de vie, même sur simple photo : et modèle son sujet avec la simplicité du bois et du couteau.
Il s’est confirmé dans son art à Paris pendant peu de temps, car il en avait appris déjà l’essentiel en ayant observé pendant des journées entières l’artiste Job travailler sur la place, et ce depuis qu’il était enfant. Il se qualifierait de sculpteur « naïf », parce que l’art breton est essentiellement un art naïf. Mais l’art de Hugo dépasse la représentation : sur les étagères où ils l’entourent des visages souffrent jusqu’au sourire expressionniste, d’autres semblent dormir…
Dans son contexte, par ses manières, à travers sa matière et son art, Hugo décidément évoque l’artiste en marge, participant d’un univers dans lequel il évolue : à la fois solitaire, et entouré de références et de valeurs, comme le poète protégé dans sa chambrée des « turlupins » de la rue et de la modernité, pour eux moins authentiques que le secret de l’art dans lequel il s’immerge. Hugo n’a pas besoin de mise en scène autre que ses outils de travail, sa présence sur la place et l’exposition de ses personnages autour de lui pour évoquer le « spectacle vivant » remis, un peu artificiellement parfois, en tous cas avec beaucoup de mal, au goût du jour. Cet artiste a épousé le temps : autant dire, l’intemporalité de l’art, en s’inscrivant dans une filiation, laquelle est tout amour des œuvres du passé auxquelles il redonne vie.
Si vous souhaitez en savoir plus sur Hugo et son travail, vous pouvez le rencontrer, lui écrire ou le contacter :
Place de l'église ,
29180 LOCRONAN
Tél : 06.80.32.20.02